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Patrick Sébastien

En tête à tête avec Patrick Sébastien
L’artiste qui carbure à l’amour

Scène, télé, téléfilm, nouvel album (sortie le 21 avril)… l’animateur-imitateur, originaire de Brive, a une actu 2014 bien chargée. Il fêtera ses 40 ans de carrière à l’Olympia. Mais toutes ses routes le ramènent a Martel.

Qu’il agace ou qu’il fasse marrer, Patrick Sébastien ne laisse pas indifférent.

Voilà 40 ans qu’il véhicule la fête, amuse la France sur petit écran avec ses émissions ou sur scène avec ses spectacles. Qu’il fait danser avec Le Petit bonhomme en mousse ou Les Sardines, le tube devenu hymne à sportifs. Saltimbanque multicartes, cet hyperactif noctambule, perfectionniste « jusqu’à être derrière tout », a aussi besoin de sentir l’odeur de sa terre. Cette terre, ce Briviste de naissance l’a trouvée dans le Lot, à deux pas de Martel, depuis près de 30 ans. Esclauzars est son paradis, façonné par son épouse Nana. Depuis la grande terrasse en bois, le regard se perd sur l’horizon du causse lotois, au-delà de la piscine à débordement. « Je me suis battu pour avoir du confort, justifie l’animateur. Mais je ne suis pas vénal. Je ne suis pas un homme d’affaires ».

Dans sa vie professionnelle comme dans sa vie privée, Patrick carbure à l’affect. Son entreprise de production fait vivre neuf personnes. Tous des proches. « C’est ma famille », explique celui qui fonctionne à l’amitié et aux belles choses. Danny Boon, Dupontel « ma plus grande fierté », Canteloup, Shirley et Dino… il les a tous lancés « au feeling », en reniflant le talent.

Notoriété
Cette réussite, il ne la doit qu’à lui. Elle part de Brive. Au retour de la tournée en Afrique du Sud avec le CAB, en 1973, il participe à un radio crochet sur la Guierle. Par défi, « pour séduire une fille ». Apres ça, « je tente le coup, je prends le capitole ! ». Pour la capitale. On connaît la suite. Sa réussite, il décide de la rendre à sa ville de coeur, par sa notoriété.

Cela passe par le rugby. Président du CA Brive en 1995 puis 2007, il vit le bonheur de la Coupe d’Europe avec ses potes, Laurent Seigne & co. La méthode Sébastien : « faire marcher le club a l’amour ». Il va jusqu’à se marier avec Nana au Stadium ; pas par plaisir, mais pour mettre les projecteurs sur Brive. En 2009, c’est le divorce avec le club. « Ils m’ont pris pour un c… ». Patrick en a gros sur la patate, évoque une « vraie blessure amoureuse », du « pognon » perdu et jure « ne jamais remettre les pieds là-dedans ». Malgré tout, les résultats d’aujourd’hui lui font chaud au coeur. « Ce qui se passe, c’est exactement ce que je voulais qu’on fasse. Il y a une âme, des valeurs ». Mais, le rugby, c’est fini. Il reste le travail. Boulimique, il passe de ses émissions à l’écriture de ses livres, spectacles, chansons et pièces. Un matin à Paris, l’après-midi à Martel, le soir à Carcassonne pour un dîner entre potes, le lendemain sur scène. Le saltimbanque qui a délibérément « fait le choix du futile », qui n’a jamais calculé son image, est souvent sur la route. « J’écris en bagnole, mon téléphone est plein d’idées », confie-t-il. Préférant la voiture au train (claustrophobie oblige), il aime rouler une heure dans son triangle d’or lotois entre Gluges, Vayrac et Carennac. Tous ses chemins le ramènent a Brive. Il cultive avec la ville de son enfance une relation ambiguë. « Bécaud me disait, “Brive, c’est le pire public de France !” ». Alors que partout Patrick Sébastien fait un malheur, qu’il participera cet été au festival de Poupet (Vendée) au côté de Stromae, Daho, et Vanessa Paradis, il se persuade que Brive est la ville de France ou il est le plus mal accueilli. « Chiche ! », lui lance l’Office de tourisme briviste qui rêve de l’épingler à sa programmation du Brive Festival. Un retour aux racines par la scène pour une bonne bouffée d’amour. Chiche ?

Par Laetitia Soulier – le 13 avril 2014
Journal la Montagne.

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HYPERACTIF. Sa plus belle récompense, « un sourire dans la rue », son carburant « l’humain » ; depuis 40 ans, Patrick Sébastien fonctionne à l’amour, aux potes et au feeling.


REPÈRES

14 novembre 1953.
Naissance à Brive-la-Gaillarde, grandit à Juillac.

Show-business. De 1984 à 1996, il est animateur-imitateur sur TF1 avec des émissions comme Carnaval et Sébastien, c’est fou. En 1996, il rejoint France 2 et lance en 1998 Le plus grand cabaret du monde.

Chanteur et auteur. Il a écrit de nombreux livres – le dernier est sorti en novembre 2013 Inéluctable – et des chansons festives a succès comme Le petit bonhomme en mousse et Les sardines.

Statue de cire. Il entre au musée Grévin en janvier 2014. Il est content d’y figurer à côté de Michel Serrault qui a été, comme lui, enfant de chœur a Argentat.

Rocamadour. Patrick Sébastien parraine Côté Rocher, le café-théâtre de sa copine « Coco » Delpech. Il y a joué sa pièce Le Secret des cigales.

Téléfilm. Il tourne en mai un téléfilm Mr Max et la Rumeur, pour France 2, adapté de l’une de ses pièces.

Olympia. Il y fête ses 40 ans de carrière le 14 novembre 2014.

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